
Valoriser l'existant pour fabriquer un jean : la planète y gagne quoi ?
Le jean est la pièce la plus portée au monde : il s’en vend environ 2,3 milliards par an, soit plus de 70 chaque seconde. C’est aussi l’un des vêtements les plus polluants à produire. Culture du coton, tissage, teinture, délavage, transport : nous avons comparé, étape par étape, la fabrication d’un jean conventionnel à celle de nos jeans, fabriqués en France à partir d’un denim existant.
1. Le coton

Le jean conventionnel
Le denim est composé essentiellement de coton, et c’est là que commencent les problèmes. Sa culture conventionnelle consomme près de 20 % des pesticides utilisés dans le monde, pour environ 2,5 % des surfaces cultivées. Elle est aussi très gourmande en eau : jusqu’à 10 000 litres par kilo de coton selon les régions. La mer d’Aral, en Asie centrale, autrefois grande comme deux fois la Belgique, a presque disparu à cause de l’irrigation des champs de coton.
Le jean Ecclo
Nos jeans sont taillés dans un denim en coton biologique, recyclé, cultivé selon les séries en Tanzanie ou en Turquie. De la graine à la récolte, il pousse sans pesticides, sans engrais chimiques et sans OGM, ce qui préserve les sols, les écosystèmes et la santé des agriculteurs. Cultivé dans une région au climat adapté, le coton biologique demande aussi moins d’irrigation.
2. La filature et le tissage
Le jean conventionnel
Le coton part le plus souvent vers des filatures asiatiques, loin du denim historiquement tissé à Nîmes. Les fibres y sont nettoyées en profondeur, avec beaucoup d’eau, parfois rejetée sans traitement. Au tissage, les fils sont enrobés d’agents d’encollage, naturels ou synthétiques, qu’il faut ensuite retirer par lavage.
Le jean Ecclo
Notre denim est filé et tissé dans les Vosges, dans une région au savoir-faire textile historique. En Europe, les usines doivent traiter leurs eaux usées et respecter des règles strictes sur les produits chimiques. La toile porte deux labels : Vosges Terre Textile, qui garantit la qualité, la traçabilité et l’innocuité des produits fabriqués dans les Vosges, et GOTS (Global Organic Textile Standard), la référence mondiale pour les textiles biologiques. Nous avons fait le choix de racheter des rouleaux de denim existants plutôt que de faire produire une toile neuve : c’est le principe des tissus revalorisés.

3. La teinture et le délavage
Le jean conventionnel
L’indigo synthétique est souvent appliqué dans des usines d’Asie du Sud-Est, où les eaux de teinture sont fréquemment rejetées sans traitement. La teinture textile serait responsable d’environ 20 % de la pollution industrielle de l’eau dans le monde, selon la Banque mondiale. Vient ensuite le délavage : chlore, pierre ponce ou sablage, une technique qui projette de la silice et met en danger la santé des ouvriers.
Le jean Ecclo
Notre toile est teinte dans le Nord, dans une usine spécialisée soumise aux normes européennes de traitement de l’eau. Cette teinture est certifiée Oeko-Tex, qui garantit l’absence de substances nocives pour la santé, et Ecogriffe, qui atteste la qualité du tissu et l’innocuité des produits utilisés. Et nos jeans sont bruts : aucun délavage, aucun chlore, aucun sablage. C’est le porteur qui patine son jean, au fil du temps.
4. Les accessoires
Le jean conventionnel
Rivets fabriqués sur un continent, fermeture éclair sur un autre, étiquettes sur un troisième : chaque petit composant fait le tour du monde avant d’être cousu.
Le jean Ecclo
Nos fournitures sont choisies au plus près : étiquettes de taille et de composition fabriquées dans la Loire, étiquette arrière en simili-cuir vegan, fils de couture du Nord. Le bouton personnalisé et les rivets, sans nickel, viennent d’Italie, et la fermeture éclair de Turquie.

5. La confection et le transport
Le jean conventionnel
Entre le champ de coton et le magasin, un jean conventionnel peut parcourir jusqu’à 65 000 kilomètres, soit plus d’une fois et demie le tour de la Terre. Il est généralement assemblé dans des pays à bas salaires, dans des conditions de travail souvent indignes.
Le jean Ecclo
Nos jeans sont confectionnés chez Contino, à Uxegney, près d’Épinal, à quelques dizaines de kilomètres de la filature. En dehors du coton et de quelques fournitures, toutes les étapes de fabrication se concentrent entre les Vosges, le Nord et la Loire. Résultat : beaucoup moins de kilomètres qu’un jean conventionnel, et des conditions de travail encadrées par le droit français.
En résumé : le comparatif
| Étape | Jean conventionnel | Jean Ecclo |
|---|---|---|
| Coton | Conventionnel, pesticides, forte irrigation | Biologique, recyclé |
| Filature et tissage | Souvent en Asie | Vosges, labels Vosges Terre Textile et GOTS |
| Teinture | Souvent sans traitement des eaux | Nord, certifiée Oeko-Tex et Ecogriffe |
| Délavage | Chlore, pierre ponce, sablage | Aucun : denim brut |
| Confection | Pays à bas salaires | Vosges (Contino) |
| Distance parcourue | Jusqu’à 65 000 km | Quasiment 10 fois moins |
Une production en série limitée
Parce qu’ils sont fabriqués à partir d’un denim existant, nos jeans sont produits en quantité limitée : nous ne fabriquons que 500 pièces par an, toutes collections confondues. À titre de comparaison, un géant suédois de la fast fashion vend l’équivalent de notre production en quelques minutes.
Pour aller plus loin, découvrez les bénéfices d’un jean fabriqué en France, et pour faire durer le vôtre, nos conseils pour bien laver ses vêtements. Nos modèles : le jean droit homme, le jean ajusté homme et le jean slim femme, à retrouver dans notre collection de jeans français.
Nos sources
- ADEME, « Le revers de mon look »
- « Le denim : quel est l’impact social et environnemental de nos jeans ? », The Good Goods
- « L’impact environnemental d’un jean », Comprendre pour changer
- Banque mondiale, données sur la pollution de l’eau par l’industrie textile

