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Article: Industrie textile : pourquoi nos vêtements coûtent (trop) cher à la planète

Rivière polluée bordée d’habitations, où se déversent les eaux usées.

Industrie textile : pourquoi nos vêtements coûtent (trop) cher à la planète

L’industrie textile est l’une des plus polluantes au monde : elle pèse entre 4 et 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre selon les estimations (voir le bilan de l’ADEME). Culture, filature, teinture, confection, transport : chaque étape de la fabrication d’un vêtement a un coût pour la planète et pour celles et ceux qui le fabriquent. Passons-les en revue, avant de voir comment s’habiller autrement.

1. La culture du coton : une fibre très gourmande

Le coton occupe environ 2,5 % des surfaces cultivées dans le monde (source : FAO) et reste l’une des matières les plus utilisées par l’industrie textile. Sa culture conventionnelle consomme pourtant près de 20 % des pesticides et 22 % des insecticides vendus dans le monde (source : Commission européenne).

Le coton biologique supprime ces produits chimiques, mais pas la soif de la plante : produire un kilo de coton demande environ 10 000 litres d’eau (source : Water Footprint Network). C’est pourquoi les fibres recyclées, qui ne demandent ni culture ni irrigation, sont l’alternative la plus sobre.

Volumes mondiaux de coton biologique

2. La filature : transformer la fibre en fil

Avant d’être filées, les fibres naturelles passent par un nettoyage intensif pour éliminer pesticides et impuretés, tandis que les fibres synthétiques sont traitées avec des solvants. Une partie de ces produits s’échappe dans l’air sous forme de composés organiques volatils (COV), une autre rejoint les eaux usées. Avant même d’être tissés, nos vêtements ont déjà laissé une trace.

3. Le tissage : des fils encollés, puis lavés

Machine à tricoter dans un atelier textile

4. L’ennoblissement : préparer le tissu

Désencollage, dégraissage et blanchiment représentent à eux seuls la moitié des charges polluantes des sites d’ennoblissement textile (source : Refashion). Les agents de blanchiment, souvent à base de composés chlorés comme l’hypochlorite de sodium, sont toxiques pour les milieux aquatiques.

5. La teinture : colorer sans compter

Les teintures conventionnelles, dérivées du pétrole, peuvent contenir des métaux lourds et des colorants azoïques, dont certains sont cancérigènes ou perturbateurs endocriniens. C’est pour cela que le label GOTS les interdit. Mal traitées, les eaux de teinture finissent dans les rivières, qui prennent parfois la couleur de la saison.

6. La confection : le coût humain

Ici, la question est moins la pollution que les conditions de travail. L’assemblage d’un vêtement demande des mains et un vrai savoir-faire. Dans de nombreux pays, les ouvrières et ouvriers de la confection enchaînent des semaines de plus de 60 heures, dans des locaux vétustes, pour un salaire de misère. Selon le collectif Éthique sur l’étiquette, sur un t-shirt vendu 29 € en magasin, les personnes qui l’ont cousu touchent 0,18 €, soit 0,6 % du prix.

Si tant de marques font fabriquer à l’autre bout du monde, c’est d’abord pour le coût : confectionné dans un pays à bas salaires, un vêtement peut coûter jusqu’à dix fois moins cher. La vraie question devient alors : à quel prix accepte-t-on de porter un t-shirt « made in ailleurs » ?

7. Les finitions : des propriétés en plus, des risques aussi

Dernière étape, les finitions donnent au tissu de nouvelles propriétés : infroissable, imperméable, résistant au feu ou d’aspect « usé ». Elles ne sont pas sans danger, ni pour ceux qui les fabriquent, ni pour ceux qui les portent :

  • L’impression reproduit un motif sur l’étoffe avec des encres et des fixateurs souvent toxiques.
  • L’enduction recouvre le tissu d’une pâte pour l’imperméabiliser. Les traitements « infroissable » ou « lavage facile » des fibres cellulosiques font appel au formaldéhyde.
  • Le sablage vieillit le denim en projetant de la silice cristalline, dont l’inhalation peut être mortelle pour les ouvriers. Interdit dans plusieurs pays, il persiste ailleurs.

8. Le transport : le tour du monde avant le placard

Porte-conteneurs transportant des vêtements par la mer

Vers une mode plus responsable : nos solutions

Puiser dans l’existant

Pour sortir de la surconsommation, il ne s’agit plus de produire toujours plus, mais de donner une seconde vie à ce qui existe déjà. C’est le principe de l’économie circulaire, et c’est le credo d’Ecclo depuis sa création : nous travaillons des tissus revalorisés, comme des rouleaux oubliés dans les ateliers, plutôt que de produire de la matière neuve.

Choisir des fibres recyclées

Le recyclage textile réutilise des fibres issues de vêtements usagés et de chutes de production. Il réduit les déchets et la demande en matières premières : pas de culture, pas d’irrigation, pas de pesticides. Le molleton de nos sweats et hoodies est ainsi composé à 97 % de coton et de polyester recyclés, filés en Espagne chez notre partenaire Belda Llorens, à partir d’anciens vêtements et de chutes de coton.

Recyclage d'anciens vêtements et de chutes de coton chez Belda Llorens, en Espagne

Fabriquer près de chez nous

Produire localement réduit les transports, donc l’empreinte carbone. Mais surtout, la fabrication en France garantit des conditions de travail décentes à celles et ceux qui fabriquent nos vêtements. Tricotage dans la Somme, confection dans l’Aube et dans les Vosges, étiquettes dans la Loire : chacun de nos produits indique sa traçabilité complète. Pour mesurer la différence, consultez l’analyse de cycle de vie de nos vêtements.

Carte des ateliers de confection Ecclo en France

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